Souvent, il te semble strict, rigide, voire draconien (pire, sans cœur). Il t’es même déjà arrivé de le regarder du coin de l’œil en début d’entraînement en te demandant si la séance qu’il a gentiment concocté au coin du feu pour ce mardi pluvieux sous 5° va te mettre par terre – et oui, cette séance t’as mis par terre et t’as même oublié de faire tes étirements. D’ailleurs il va bien t’engueuler pour ça.
En plus la saison des blessures approche, y a les cross, le froid, la flemme, ton lit, tout le pack qui veut te convaincre de rester au chaud parce tu sais, c’est pas grave d’arriver en retard. « C’est encore le bus qui s’est pas pointé à l’heure » (alors que tout le monde sait que tu viens à vélo). Du coup il te sort le même regard que ta mère quand t’as oublié de ranger le lave-vaisselle avant qu’elle rentre du taf, le regard qui te retourne le bide comme juste avant une compèt – et tu sais que tu vas passer un sale quart d’heure.
Ça rate pas, tu t’es à peine remis de ce regard du fin fond des abysses qu’il t’annonce un délicieux 15×1’/1’ à 95% VMA. Que du bonheur (mais bon t’as voulu glander donc tu le mérites un peu). Bien sûr tu râles, bien sûr tu traînes un peu la patte, et bien sûr tu t’exécutes de peur de la sanction terrible que ton coach préféré pourrait infliger à ta trogne déjà pas très heureuse d’être là.
Ce qui est faux d’ailleurs car 10 minutes plus tard tu galopes comme un jeune chamois tout content de d’aller user un peu ses cannes, parce que c’est pas tout mais on fait un des sports le plus cool du monde. Et ton coach le sait bien, entre masos on se comprend. Du coup tu penses quand même « il fait peur mais il est vachement cool le coach, en plus il est toujours là, sur les entraînements, les compétitions et les déplacements, par message quand je me suis fais la cheville et que je dois rattraper les séances, même quand j’ai un coup de mou parce que se lever à 5h30 par -2° pour faire 5h de bagnole à l’autre bout de la France me chauffe pas trop, il est là. » En fait le coach c’est un peu ton père, mais lui il te met des roustes pour t’élever à ton top niveau, pas parce que tu as encore eu 5/20 en maths. Et ça c’est beau quand même.
Merci à nos coachs pour leur investissement sans faille et leur présence continuelle ces dernières semaines, notamment avec une saison automnale bien chargée en compétitions ❤️
photo et montage par Bilal Aouffen (@bil_s_af sur Instagram)